Le SNAS s'oppose radicalement aux dernières réformes des universités : loi sur la recherche, loi LRU et à leurs conséquences statutaires pour les enseignants-chercheurs.
Ces réformes institutionnalisent et légalisent à l'université le système des “amis” : les présidents et leurs amis se partageront désormais les nominations, 50% des promotions, les primes, les décharges de service, sans parler de l'institution de sinécures.
Le SNAS demande donc une révision de la loi sur la recherche et de la loi LRU, dont l'application conduira inévitablement à une nouvelle dégradation des conditions de travail dans les universités.
Comme ces lois sont elles-mêmes des conséquences logiques de la loi organique de finances de 2001, le SNAS demande que des dispositions dérogatoires à cette loi de finances soient instituées pour l'enseignement supérieur et la recherche.
La réforme LMD est une catastrophe pour les enseignements désormais morcelés et aboutit ainsi une fois de plus à une baisse de niveau, tout en induisant un allongement de l'année universitaire et un alourdissement des tâches annexes à l'enseignement. D'autres pays européens n'ont pas appliqué cette réforme ou l'ont appliquée de façon minimale.
Le SNAS demande donc de revoir les modalités d'application de cette réforme.
L'indépendance statutaire des professeurs d'université et des maîtres de conférences implique qu'eux seuls, dans leur ensemble, et non l'administration ou des présidents incompétents, effectuent le recrutement avec la garantie de la qualification par le CNU, y compris pour les étrangers. Il est aussi inadmissible que des personnels vacataires, en particulier étrangers, soient employés pendant des périodes de durée indéterminée pour donner des cours et délivrer les examens, sans aucun contrôle, sauf celui des amis des présidents, alors que les postes correspondants continuent d'être vacants.
Naturellement, les réformes de la recherche ont eu pour conséquences une marginalisation de nombreux collègues, se voyant privés de tout moyen, pour des raisons idéologiques, de mode ou plus simplement de règlement de compte. Ce n'est pas à l'administration des universités ou
du CNRS de définir les sujets de recherche : l'expérience séculaire montre que les progrès scientifiques proviennent souvent de domaines inattendus ou imprévisibles, plutôt que des décisions administratives ou des effets de mode.
Le SNAS demande une revalorisation des carrières et une augmentation substantielle des traitements ( au-delà d'un simple rattrapage de pouvoir d'achat), plutôt qu'une augmentation des primes accordées selon le système des “amis”. On ne voit d'ailleurs pas pourquoi un fonctionnaire devrait se voir attribuer des primes pour faire son travail pour lequel il reçoit déjà un traitement. Si des primes sont nécessaires, c'est bien la preuve que les traitements sont jugés, par le ministère lui-même, insuffisants par rapport à la fonction assurée.
En ce qui concerne les promotions, le SNAS demande que le quota de promotions accordées par le CNU soit relevé.
Le SNAS est opposé à l'intégration des IUFM dans les universités.
Les concours d'enseignement secondaire doivent en priorité, voire en exclusivité, se concentrer sur la formation disciplinaire et non se fonder sur l'illusion du “pédagogisme”. Cette formation disciplinaire ne peut être accomplie qu'à l'université et surtout pas dans les IUFM qui ont déjà assez commis de dégâts.
Enfin, selon ses statuts et contrairement à d'autres syndicats d'enseignement supérieur, le SNAS s'engage à défendre individuellement tous les personnels des établissements d'enseignement supérieur, de recherche ou culturel, de quelque grade qu'ils soient, soit en les conseillant, soit en les accompagnant dans des visites ou des convocations par leur administration. Il nous semble que ce rôle normal d'un syndicat va prendre de plus en plus d'importance dans les années à venir.
Bernard GAVEAU
Professeur à l’université de Paris 6 (UPMC)
Secrétaire général du SNAS
(AutonomeSup-Sciences)